mardi, juin 09, 2009

The Changeling : petit bijou de l'horreur





Oublions tout de suite le titre français, L'enfant du diable, complètement hors de propos pour ce film, dans lequel il n'est jamais question du diable. Et ne confondons pas non plus avec l'avant-dernier Eastwood, Changeling, avec Angelina Jolie.

D'abord, c'est quoi ce mot étrange, changeling ? Littéralement, c'est un bébé qui est secrètement utilisé pour prendre la place d'un autre bébé. Peut-être les traducteurs français avaient-ils confondu avec The Omen, où le bébé mort-né du personnage joué par Lee Remick était échangé avec le diable en personne.

Dans The Changeling, film canadien de 1980 réalisé par Peter Medak, réalisateur de Romeo is bleeding (1993) et de nombreuses séries TV (dont un épisode de Masters of Horror), John Russell, un compositeur joué par George C. Scott, assiste, impuissant, à l'accident de la route qui tue sa femme et sa fille. Cédant aux encouragements d'un couple d'amis, il s'installe dans la région de Seattle et loue une grande demeure historique, où il compte écrire et se reposer.

Dans cette maison, immense et inoccupée depuis 12 ans, John se trouve vite confronté à des manifestations sonores étranges, et va être contacté par le fantôme d'un jeune garçon, qui cherche à lui livrer son horrible secret.
Ce qui frappe dans ce film d'horreur épuré, c'est le refus des clichés. Les manifestations surnaturelles n'ont pas lieu à la tombée de la nuit mais en plein jour. La peur surgit dans le quotidien et les objets les plus courants deviennent menaçants. A l'instar d'un autre grand film, The Haunting (1963), la suggestion, l'invisible, le traitement du son, marquent plus l'esprit que n'importe quel monstre dégoulinant.

Pourquoi ce film est-il aujourd'hui oublié alors que son influence sur les générations suivantes est indéniable ? Difficile à dire.

Pourtant, il est grand temps de redécouvrir The Changeling en DVD (disponible uniquement en zone 1 pour l'instant) et de s'amuser à noter les filiations involontaires avec le chef d'œuvre de Kubrick sorti la même année, The Shining.

mercredi, mai 27, 2009

Sam Raimi rend hommage à Schifrin et Morricone




Dans son dernier film, Drag me to hell (Jusqu'en enfer), Sam Raimi utilise deux bandes-originales, et on ne peut que le remercier. Il s'agit de Rock Ballad (Unused Theme from The Exorcist) de Lalo Schifrin, et Non Rimane Piu Nessuno d'Ennio Morricone.

La question est de savoir à quel moment ces morceaux apparaissent dans le film. Une deuxième vision sera sûrement nécessaire... En attendant, il est intéressant de noter la provenance de ces pistes rares. Le Morricone est une petite comptine toute douce extraite de L'uccello dalle piume di cristallo, un giallo pur souche de Dario Argento, datant de 1970.

L'autre morceau est une petite ballade mélancolique, piano et cordes, sur fond de basse-batterie, du plus bel effet, rescapée du score rejeté par William Friedkin pour son Exorciste de 1973.

Alors amour du contre-emploi ? Esprit de contradiction ? Nul doute que Sam Raimi s'est bien amusé à caser ces petits bijoux dans son film, par ailleurs effrayant, histoire de mieux nous surprendre.

mercredi, mai 20, 2009

John Barry sous les mers



Toute une génération d'adolescents a été traumatisée par cette simple image. Il ne s'agit pourtant que d'une actrice, en l'occurrence Jacqueline Bisset, dans un film d'action sous-marin un peu désuet.

Réalisé par Peter Yates, plus connu pour le mythique Bullitt, The Deep (Les grands fonds en VF) s'ouvre par une séquence de plongée dans les eaux tempérées des Bermudes, pendant laquelle l'actrice ne porte que ce T-shirt blanc en guise de combinaison. Quelques années plus tard, l'actrice elle-même s'est bien gaussée dans la presse de ce qui a été perçu comme l'incarnation de l'érotisme exacerbé ("After filming The Deep (1977), all they talked about was my tits for the next four years. God, if I was going to do a picture like that, I'd have done it a lot sexier. That looked like two fried eggs on a platter.")

Mais ce n'est pas le seul attrait de ce film narrant les aventures d'un couple de plongeurs explorant une épave, dont les trésors sont également convoités par des truands locaux. La musique de John Barry, majestueuse, accompagne comme un ballet les séquences d'exploration, et amplifie les dangers rencontrés. Notons qu'elle reste moins mémorable que celle qu'il a composera pour Raise the Titanic trois ans plus tard.

Si les connections avec Les dents de la mer sont nombreuses (Peter Benchley a écrit les deux films, et Robert Shaw les interprète), le traitement musical reste bien différent. John Williams s'amuse à suggérer, créant comme à son habitude un leitmotiv dont il use et abuse pour jouer sur les nerfs du spectateur. Barry, lui, reste fidèle à son style ample et lyrique, qui donnera bientôt naissance à deux BO mythiques : The Black Hole et Somewhere in Time.

Quant à Jacqueline Bisset, considérée à l'époque de The Deep comme "la plus belle actrice de tous les temps" par le magazine Newsweek, elle poursuit tranquillement sa carrière éclectique avec des rôles au cinéma (Save the last dance 2) et à la télévision (Nip/Tuck).

jeudi, mai 14, 2009

Smorgasbord !




Ultime film réalisé par Jerry Lewis en 1983, Smorgasbord * (aussi connu sous le nom de Craking Up et T'es fou, Jerry ! en France), défie tout sens critique. Son humour, totalement ravageur, signale un génie, quoique capricieux, mais qui montre encore de belles étincelles. Le scénario se limite à un simple argument, prétexte à une série de gags ininterrompue. Jerry, éternel gaffeur, déclenche des catastrophes partout où il passe. Il cherche à se suicider, ce qui déclenche d'autres catastrophes. Il rend donc visite à un psy, qui va tenter de diagnostiquer son "mal".

Comme dans le buffet suédois qui a donné son nom au film, il y a ici à boire et à manger. Lorgnant parfois vers le Peter Sellers de la Panthère Rose, l'humour de Jerry Lewis est un mélange savant de grimaces, de situations, de sons et de cartoon. Certains gags sont excellents, d'autres tombent complètement à plat. Anachronique en 1983 (année du Retour du Jedi et de Flashdance), Lewis envisage le cinéma de la même façon que dans les années 60, période de son épanouissement en tant que réalisateur. Comme si les vieilles formules faisaient toujours recette, ce qui ne fut pas le cas à l'époque, le film ayant été sous-exploité et Lewis n'étant plus à la mode. Pourtant, Smorgasbord est drôle, notamment lors de la séquence d'ouverture, où le personnage n'en finit plus de glisser dans une pièce entièrement plastifiée.

Récompensé à la dernière cérémonie des Oscars par le Jean Hersholt Humanitarian Award, Jerry Lewis est désormais davantage reconnu dans son pays pour ses activités caritatives que pour sa carrière d'artiste. A 83 ans, il reste plus populaire en France. Invité au dernier Festival de Cannes pour annoncer la sortie l'année prochaine d'un film intitulé Max Rose, qui sera réalisé par Harry Inglee, il n'a pas manqué de faire le pitre, avec force mimiques irrésistibles, propos provocants et décousus, et un gag improvisé consistant à vider intégralement une bouteille d'eau sur la moquette d'un palace en pleine conférence de presse !

L'acteur interprètera un vieil homme qui surmonte la disparition de son épouse grâce à l'amour de sa fille, tout en revisitant les grands moments de sa vie.

Jerry Lewis espère que le film sera retenu dans la prochaine sélection cannoise. Notre rêve de cinéphile serait surtout de voir un jour son film perdu, The Day The Clown Cried, réalisé en 1972, l'histoire tragique d'un clown capturé par les nazis.

* projeté en mai 2009 à la Cinémathèque Française.

lundi, février 02, 2009

Nicolas fait son cinéma



Avec son premier long-métrage, Espion(s), Nicolas Saada traverse à nouveau le miroir, après un court-métrage plutôt réussi (Les parallèles, 2004). Passer de la critique à la réalisation n'est pas chose aisée, et il s'en sort avec les honneurs. De son amour intense du cinéma, il a su garder le meilleur et écarter l'anecdotique. Avec quelques références en tête, notamment Les Enchaînés, d'Hitchcock, il est parti d'un canevas connu (un homme simple embarqué dans des histoires extraordinaires) pour s'aventurer vers un paysage intime et personnel.

Si le film ne brille pas par ses scènes d'action, c'est simplement que l'enjeu est ailleurs. Espion(s) s'attache aux personnages et leur psychologie, et non à leurs baskets. La violence y est abrupte, surprenante, les sentiments à fleur de peau. Si Guillaume Cannet porte le film, c'est surtout Géraldine Pailhas qui éblouit par sa présence et la subtilité de son jeu. Les seconds rôles sont tous excellents.

D'une vision décalée de la capitale anglaise au score surprenant de Cliff Martinez, le film de Nicolas brille par sa singularité et son absence de compromis, à une époque où la gesticulation sans fin de pantins inexpressifs domine les écrans mondiaux (notamment les JB : Bond et autres Bourne).

La critique étant unanimement positive, espérons que le public sera au rendez-vous. Et que Nicolas trouvera le temps, entre deux projets, de nous redonner le plaisir d'écouter le cinéma à la radio, avec cette émission unique dont il a le secret : NFSC.

A bientôt Nicolas.

lundi, septembre 15, 2008

Houellebecq : la possibilité d'un film



Comme à son habitude, Michel Houellebecq déjoue les attentes, et surprend en réalisant une adaptation tout à la fois fidèle à l'esprit de son propre roman mais assez éloignée de sa forme.

A contrario, la volée de bois vert qui a salué la sortie de son premier long-métrage ne surprend guère et la plupart des articles ne donnent même pas l'impression que les journalistes ont tenté de rentrer dans le film. Pourtant, comme toute œuvre un tant soit peu anti-conventionnelle, "La Possibilité d'une île" demande qu'on s'y penche et qu'on laisse ses a-priori de côté.

Concentré sur le personnage d'un Daniel vidé de toute substance, nous suivons son histoire à travers les siècles sous une forme très concentrée. Le film laisse presque de côté les autres protagonistes du roman. Le résultat est à la fois intriguant et frustrant, le film ne durant qu'une heure vingt cinq minutes.

Reste toutefois des plans de paysages chaotiques d'une grande beauté et quelques envolées lyriques, surtout dans la deuxième partie.

Les pointes d'humour belge et un certain don pour créer des situations cocasses font le reste, et donnent à ce film toute sa saveur.

Les thèses défendues font peur à beaucoup : clonage, vie éternelle. Preuve s'il en est qu'un esprit dérangeant comme Houellebecq donne toute sa valeur au mot artiste.

PS : j'en profite pour vous prévenir que l'émission de Nicolas ne reprendra pas à l'occasion de cette rentrée. C'est bien dommage !

mardi, janvier 29, 2008

Sweeney Todd : une vie gâchée




Tragédie digne de Shakespeare, dont la sanglante pièce "Titus Andronicus" traite également de vengeance, Sweeney Todd reste plus proche du texte de Nabokov "Britva", dont elle semble s'inspirer. Publiée en 1926, cette très courte nouvelle raconte l'histoire d'un barbier qui reconnaît sous les traits de l'un de ses clients un ancien tortionnaire. Il se trouve face à un cas de conscience, sachant qu'un simple coup de rasoir suffirait à assouvir un sentiment de vengeance longuement nourri.

Pourtant, à la différence du personnage de la comédie musicale de Stephen Sondheim, le barbier de Nabokov décide que faire couler plus de sang ne changera rien et laisse échapper son ex-geolier sain et sauf, adoptant ainsi une posture morale digne.

Rien de tout cela chez Sondheim et Burton, dont le Sweeney Todd ne recule devant rien pour assouvir sa pulsion destructrice, qui va l'entraîner lui-même dans la mort. Ce thème de la vengeance a été introduit relativement récemment dans la longue chronologie qui a conduit cette histoire jusqu'à nous. Apparue au milieu du 19ème siècle dans un journal de fiction bon marché destiné aux classes laborieuses de l'Angleterre de la révolution industrielle, elle n'a cessé de se développer. C'est en 1973 que Christopher Bond signe une adaptation théâtrale contenant les grandes idées que Stephen Sondheim reprendra pour composer sa comédie musicale six ans plus tard.

Tim Burton et son scénariste, John Logan (dont la carrière éclectique l'a vu travailler sur Gladiator, Star Trek : Nemesis, Le Dernier Samourai ou encore l'excellent Aviator de Scorsese) ont dû affronter la tâche difficile de passer d'un spectacle de trois heures à un film de deux, tout en restant fidèle à cette histoire très connue du public anglo-saxon. Pour cela, ils se sont concentrés sur les trois personnages principaux (Sweeney, Mrs Lovett et Toby), ont écarté quelques chansons et en ont raccourci d'autres. Le résultat est à la hauteur des espérances comme on peut le constater en salles actuellement mais aussi sur disque : attention toutefois de se procurer l'édition américaine de la BO, la française éditée par Warner étant incomplète. Très bonne écoute !

jeudi, janvier 10, 2008

Des trésors bien cachés




S'il était encore nécessaire de prouver aux sceptiques l'immense intérêt de cette belle invention qu'est Internet, il suffirait de leur faire découvrir quelques-uns des sites les plus utiles de la toile : wikipedia, facebook, google et consorts... C'est pourtant l'arbre qui cache la forêt et ce ne serait pas rendre justice à l'extraordinaire richesse disponible en ligne. Car Internet ne se dévoile pas toujours facilement : c'est un territoire accidenté, complexe, dense comme une jungle dont chaque recoin ouvre vers d'autres jungles miniatures. On y trouve en général des pépites quand on ne les cherche pas et au moment où on s’y attend le moins. C’est de cette façon que je suis tombé un jour sur un site intriguant, appelé Rare Soundtracks Vault. Les fans de musique de film savent que la musique au cinéma revêt plusieurs visages, a plusieurs vies et passe bien souvent le plus clair de son temps oubliée dans des boites ou des coffres sous la forme de bandes ou de pellicules 35 mm plutôt mal entretenues. On peut identifier facilement trois versions différentes d’une musique de film : celle que l’on entend dans le film, celle que le compositeur a composée, et la version éditée en CD (et/ou maintenant en MP3). Il y a souvent de grandes différences entre ces versions : en effet, le passage au CD donne souvent au musicien la chance de faire connaître l’intégralité de son travail, alors que le film n’en gardait qu’une partie ou dans le cas d’un rejet, rien. L’exemple récent le plus frappant est la partition rejetée de Gabriel Yared pour le film Troy (2004), dont l’enregistrement était terminé mais mis au rebus, et remplacé par un autre concocté dans l’urgence. Impossible avant l’avènement d’Internet de se procurer ces bandes, à moins de payer à prix d’or des bootlegs à la qualité douteuse. C’est désormais à la portée de tous, en quelques clics bien sentis.

Il restait à s’occuper de toutes ces musiques de films oubliées, que la postérité s’est chargée d’effacer de la mémoire collective, et dont la commercialisation ne présente qu’un intérêt bien modeste. L’auteur de ce blog a relevé le défi et avec une belle maîtrise technique (qu’il partage d’ailleurs généreusement sur une des pages de son site) donne vie à des scores inédits, rares, et parfois improbables ! En extrayant la musique du DVD ou de la cassette VHS du programme en question, en effectuant un travail savant de nettoyage, d’effacement des voix / effets sonores et de montage, il parvient à donner vie à ces orchestrations que l’on pensait définitivement perdues. Et il y en a pour tous les goûts : du magnifique (John Barry, John Williams), du kitsch (les séries TV L’homme de l’Atlantide, Sankuokai), du bizarre (le jamais édité Zardoz), des curiosités (le Condorman de Henry Mancini). Un travail de passionné fait avec beaucoup de sérieux et qui a le mérite de donner une deuxième vie à ces œuvres éphémères que sont les musiques au cinéma. Les fans de John Barry seront particulièrement gâtés par une sélection de BO rares (The Black Hole (photo), Hanover Street, Svengali, The Deep, Touched By Love). L’auteur va jusqu’à donner deux versions de son travail, une contenant son montage et l’autre sans, afin d’apprécier le film sous toutes ses coutures.

C’est un plaisir subtil de savourer un film sans ses images : les souvenirs assaillent quand ils le peuvent, sinon l’imagination prend le relais. On sourit souvent tout seul, le casque sur les oreilles, et on se dit qu’un bon film peut tout autant s’écouter que se voir. Un grand merci donc à l’auteur mystérieux de ce blog et longue vie à cette aventure passionnante... Rendue possible par le net.

jeudi, janvier 03, 2008

I Am Legend : un mythe mis à mal




Parler de déception serait un euphémisme en ce qui concerne cette nouvelle adaptation du roman fondateur de Richard Matheson. Si le terme de dégoût peut sembler extrême, il est plus proche du ressenti à la sortie de la salle. Il est vrai que l'attente était forte, non pas tant pour le choix du réalisateur Francis Lawrence (son Constantine m'ayant échappé), mais dans le doute, on pouvait laisser une chance à ce jeune réalisateur venant de la pub et du vidéoclip. Non, ce qui faisait croire à ce projet, c'était tout d'abord le choix du titre, revenant à celui du roman d'origine, contrairement aux deux précédentes adaptations et laissant supposer une plus grande fidélité. Puis, le potentiel technologique du cinéma d'aujourd'hui sur lequel on pouvait raisonnablement compter pour faire mieux que The Last Man On Earth (1964) et The Omega Man (1971). Surtout, c'était le constat incroyablement juste et terrible que Matheson dressait d'une humanité décimée, réduite à l'état de morts-vivants, et qu'un simple citoyen appelé Robert Neville passe ses journées à éradiquer machinalement. L'homme est isolé, doit se défendre et lutter contre les attaques de son ancien meilleur ami devenu vampire, tout en cherchant à comprendre ce qui s'est passé. Si l'allégorie était pertinente en 1954, date de publication de I Am Legend, elle l'est tout autant en 2008, quand la race humaine se donne de plus en plus les moyens de s'autodétruire à petit feu. Adapter le roman aujourd'hui, c'était l'occasion de tendre un miroir à notre société contemporaine et lui rappeler que la race humaine n'est pas éternelle.

C'était aussi l'occasion rêvée de déconstruire le mythe du vampire, en cherchant des explications rationnelles à des phénomènes que la science moderne a le potentiel d'expliquer dans le cadre d'une oeuvre fantastique.

Si le film fait illusion dans sa première heure, surtout grâce à la description particulièrement détaillée d'un New York d'apocalypse, il perd complètement de sa consistance par la suite pour conclure sur un happy end improbable. Le choix de New York, alors que l'action se situait à l'origine dans la région de Los Angeles, laisse entrevoir l'impact des évènements de 2001, et le poids que ces images traumatisantes font toujours peser sur la psyché américaine. La scène d'évacuation sur le port suivie de la destruction du Brooklyn Bridge a coûté pour elle seule cinq million de dollars pour six nuits consécutives de tournage. Si elle n'apporte pas grand chose au développement de la narration, à part fournir d'alibi pour une scène de séparation filiale larmoyante (que l'on voit deux fois), preuve est faite que ces scènes de panique et de chaos fascinent toujours et que si la réalité a rattrapé la fiction en 2001, le cinéma hollywoodien trouve toujours de nouvelles façons de présenter ces images cathartiques.

Le roman ne se privait pas non plus d'exploiter la mémoire collective, en l'occurence celle de la Shoah, dans des scènes de destruction massive très dérangeantes. Or, ce sont tous les aspects gênants du livre (l'attraction sexuelle éprouvée par Neville pour les femmes vampires, son caractère résolument commun, ses phases dépressives le conduisant vers l'alcool et la folie, l'arbitraire du meurtre) qui ont été gommés pour laisser place à un héros, certes seul avec son chien, mais tout de même scientifique et soldat (et pourquoi pas saint ?!). Le choix d'un acteur afro-américain était bien vu, mais tous les efforts de Will Smith ne suffisent pas. Pour ne rien arranger, certaines rumeurs font état de changements de dernière minute imposés au réalisateur, dont on ne peut croire qu'il ait eu le final cut.

Une version longue en DVD viendra-t-elle changer notre appréciation ? Réponse dans quatre mois.

En attendant et quitte à privilégier une des adaptations cinématographiques, allez jeter un oeil sur la première, celle avec le grand Vincent Price, en noir et blanc : The Last Man On Earth. Si la copie présente quelques défauts et n'est pas sous-titré, le film est visible gratuitement. Les plus fortunés le trouveront en DVD, couplé avec un autre grand film sur l'apocalypse, Panic In Year Zero (1962).

The Last Man On Earth a le mérite de respecter l'esprit du livre, même s'il ne le suit pas à la lettre. Après tout, on peut se demander quel est l'intérêt d'adapter un roman si ce n'est pas pour en garder les grandes idées. C'est le cas de cette version américano-italienne, faite avec un budget réduit mais une passion visible à chaque plan. Car finalement, I Am Legend est un grand roman sur l'isolement et la solitude humaine. Et cela, rien de mieux pour l'éprouver qu'une lecture forcément solitaire, en tête à tête avec soi-même.

jeudi, novembre 22, 2007

Film Music Box is dead (but not film music)



A quelques jours de son premier anniversaire, le site Film Music Box a fermé ses portes sur Ebay (son propre site avait fermé il y a quelques semaines). Malgré une tentative de sauvetage, il n'y avait rien à faire, pas assez de ventes, un contexte trop difficile, une concurrence pas toujours très loyale. Alors, autant passer à autre chose, en souhaitant longue vie à la musique de film sur CD. Have fun listening !

dimanche, septembre 02, 2007

Interruption de programme !



La nouvelle vient de tomber : il n'y aura pas d'émission cette année ! Nicolas va se consacrer à son premier long métrage. Souhaitons lui bonne chance et rendez-vous à l'antenne pour de courtes chroniques... Gardons toutefois l'espoir d'entendre à nouveau le meilleur de la musique de film sur Radio Nova un jour. Rendez-vous sous peu pour quelques pépites musicales ici-même. A bientôt !

dimanche, juillet 01, 2007

Emission du 1er juillet

Dernière de la saison !

Merci à Isabelle Gornet pour ce grand mix de haute tenue... Difficile de reconstituer une playlist exhaustive. Si certains auditeurs veulent tenter le coup, qu'ils n'hésitent pas à contribuer. Nous avons eu droit aux morceaux fétiches de l'émission : Le Syndrome de Stendhal (Morricone), Tabou (Sakamoto), Casanova (Rota), Ghost Dog, Taxi Driver, Ipcress File (Barry), Psychose (Herrmann), et j'en passe ! L'introduction avec Europa de Lars Von Trier et la fin avec HAL de 2001 étaient parfaites. Une fin de saison en forme de feu d'artifice. Merci à Nicolas. Passez tous un bon été et rendez-vous à la rentrée. En attendant, pour les amoureux de musique de film, l'été sera riche en sorties et rééditions, elles seront présentes sur FilmMusicBox. A bientôt !

dimanche, juin 24, 2007

Emission du 24 juin

Tour Du Monde

- Toru Takemitsu / Jose Torres (Film de Hiroshi Teshigahara, 1959)



- Krzysztof Komeda / The Fearless Vampire Killers (Film de Roman Polanski, 1967)



- Popol Vuh / Aguirre, Der Zorn Gottes (Film De Werner Herzog, 1972)



- R.D. Burman / Shalimar (Film de Krishna Shah, 1978)



- Jorge Arriagada / La Vierge Des Tueurs (Film de Barbet Schroeder, 2000)



- Antonio Carlos Jobim / Gabriela, Cravo e Canela (Film de Bruno Barreto, 1983)



Excellente émission, merci Nicolas ! Mention spéciale à Bollywood Funk, particulièrement relevé...

dimanche, juin 17, 2007

Emission du 17 juin

Spéciale Quincy Jones

- The Pawnbroker / Le Prêteur Sur Gages (Film de Sidney Lumet, 1964)



- The Slender Thread / Trente Minutes De Sursis (Film de Sidney Pollack, 1965)



- Mirage (Film de Edward Dmytryk, 1965)



- In Cold Blood / De Sang Froid (Film de Richard Brooks, 1967)



- In The Heat Of The Night / Dans La Chaleur De La Nuit (Film de Norman Jewison, 1967)

dimanche, juin 10, 2007

Emission du 10 juin

Ennio Morricone

- La Bataille D'Alger (Film de Gillo Pontecorvo, 1966)



- Escalation (Film de Roberto Faenza, 1968)



- La Tarantola Dal Ventre Nero (Film de Paolo Cavara, 1971)



- Giornata Nera Per L'Ariete (Film de Luigi Bazzoni, 1971)



- Bluebeard (Film de Edward Dmytryk, 1972)



- Le Secret (Film de Robert Enrico, 1974)



- J. And S. - Storia Criminale Del Far West (Film de Sergio Corbucci, 1972)



Merci à Grosphil et Kevin95 pour leur aide !

dimanche, juin 03, 2007

Emission du 3 juin

Cannes Après-Coup

- Edward Nicolay Artemyev / Stalker (Film de Andrei Tarkovsky, 1979)



- Ry Cooder / Paris, Texas (Film de Wim Wenders, 1984)



BO disponible chez Film Music Box.

- Bill Lee / Do The Right Thing (Film de Spike Lee, 1989)



- Jerry Goldsmith / Basic Instinct (Film de Paul Verhoeven, 1992)



- Jon Brion / Punch-Drunk Love (Film de Paul Thomas Anderson, 2002)



- David Shire / Zodiac (Film de David Fincher, 2007)



BO disponible chez Film Music Box.

dimanche, mai 27, 2007

Emission du 27 mai

Le Cinéma de Jean-Luc Godard

- Martial Solal / A Bout De Souffle (1960)



- Georges Delerue / Le Mépris (1963)



- Paul Misraki / Alphaville (1965)



- Antoine Duhamel / Pierrot Le Fou (1965)



- Gabriel Yared / Sauve Qui Peut La Vie (1980)



- Various Artists / Nouvelle Vague (1990)



- Rolling Stones / One + One - Sympathy For The Devil (1968)

dimanche, mai 20, 2007

Emission du 20 mai

Cinéma Psychologique Américain

- Alex North / A Streetcar Named Desire - Un Tramway Nommé Désir (Film d'Elia Kazan, 1951)



- Kenyon Hopkins / Baby Doll (Film d'Elia Kazan, 1956)



- Elmer Bernstein / Some Came Running - Comme Un Torrent (Film de Vincente Minnelli, 1958)



- André Previn / The Subterraneans (Film de Ranald MacDougall, 1960)



- Duke Ellington / Anatomy Of A Murder - Autopsie d'Un Meurtre (Film d'Otto Preminger, 1959)

dimanche, mai 13, 2007

Emission du 13 mai

Spéciale Film Noir

- Miklos Rozsa / The Killers - Les Tueurs (Film de Robert Siodmak, 1946), The Asphalt Jungle - Quand la Ville Dort (Film de John Huston, 1950)





- Bernard Herrmann / On Dangerous Ground - La Maison Dans L'Ombre (Film de Nicholas Ray, 1952)




- Leonard Bernstein / On The Waterfront - Sur les Quais (Film d'Elia Kazan, 1954)



- Gerald Fried / Killer's Kiss - Le Baiser du Tueur et The Killing - L'Ultime Razzia (Films de Stanley Kubrick, 1955-1956)





- Johnny Mandel / I Want To Live - Je Veux Vivre (Film de Robert Wise, 1958)



- Henry Mancini / Experiment In Terror - Allo, Brigade Spéciale (Film de Blake Edwards, 1962)



Merci pour cette excellente émission, Nicolas. Magnifique musique de Henry Mancini pour le dernier extrait, dont le thème a d'ailleurs été "emprunté" par France 2 pour le générique de l'émission Faites Entrer l'Accusé. A la semaine prochaine !